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Les réfugiés ukrainiens affluent vers les centres d'accueil

France terre d'asile a ouvert un centre d'accueil de réfugiés, dans le 18e arrondissement de Paris. En son sein, une antenne de la préfecture délivre le statut de protection temporaire. Une procédure juridique compliquée à expliquer pour les associations. Reportage.


Les réfugiés s’amassent devant le centre d’accueil. L’homme au béret rouge filtre les entrées.


Des centaines d’Ukrainiens font déjà la queue devant le centre d’accueil, dont les portes sont encore fermées. Une chaîne humaine à perte de vue, occupe toute la largeur du trottoir.


Il est encore tôt rue des Cheminots. Le ciel dégagé laisse la place aux rayons de soleil qui commencent à s’installer sur le toit du bâtiment. Seuls ou en famille, les réfugiés attendent patiemment dans l’ombre. Aucune valise, que des sacs à dos, des poussettes et des chiens en laisse.


Une file d'attente s'étend sur des dizaines de mètres, le long du centre d'accueil.

Quinze jours se sont écoulés depuis l’invasion russe, et près de trois millions d’Ukrainiens ont fui la guerre. Parmi eux, 15 000 sont déjà arrivés en France. Dans l’urgence, des structures d’accueil émergent dans la capitale. Comme ici porte de la Chapelle, dans le 18e arrondissement, où l’établissement est ouvert 7 jours sur 7, de 9h à 18h.

« Protection temporaire », le ticket de sécurité des réfugiés

La foule s’agite, les portes s’ouvrent. Un homme au béret rouge filtre les entrées.

« Pour l’hébergement c’est par ici, et pour les papiers par là », crie une jeune femme. Ses cheveux sont coincés dans son écharpe, qui recouvre un manteau long bleu marine. Malgré le soleil, il fait froid ce matin. Le sourire aux lèvres, elle fait des va-et-vient pour orienter les personnes. Sur sa poitrine un badge où est inscrit « France terre d’asile », l’association en charge de l’aide humanitaire du lieu.

La file dédiée à l’hébergement est vide. Elle contraste avec celle consacrée aux papiers. « Une antenne de la préfecture s’est installée au premier étage », explique la bénévole. Avec son équipe, elle renseigne tant bien que mal les réfugiés présents pour obtenir un papier qui délivre le statut de protection temporaire. Ce ticket doré leur permet de rester un an, voire plus, sur le territoire français.

« On y connaît rien à la procédure administrative »


Mais la tâche n’est pas simple pour les représentants de l’association. « C’est compliqué parce qu’on y connait rien à la procédure administrative », lance dans la précipitation l’une d’entre eux. Pour repartir avec le saint papier, les Ukrainiens doivent présenter différents justificatifs. Mais lesquels ? Sous quelle forme ? Manuscrite ? Une attestation sur l’honneur suffit-elle ? Autant de questions auxquelles les bénévoles n’ont pas de réponses.

« Ils sont tous logés dans Paris, soit chez des particuliers qu’on a trouvé, soit chez leurs familles », explique Morgane au manteau bleu. Le centre reçoit en moyenne 450 réfugiés par jour, un afflux de personnes difficile à gérer pour l’équipe en sous effectif.

France terre d’asile n’est pas la seule association présente sur le site. La Croix rouge ainsi que le Secours populaire apportent leur aide en procédant à des soins et des dons de produits de nécessité.

Il est bientôt midi, la matinée passe à toute vitesse pour les bénévoles toujours en action. Le soleil est à son apogée et éclaire enfin la file d’attente, dont la longueur n’a pas diminué en trois heures. La journée est loin d’être finie pour ceux qui participent à la résistance ukrainienne, au-delà des frontières.

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