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Les symboliques des tenues vestimentaires des candidats

Dernière mise à jour : 29 mars

Alors que le premier tour des élections présidentielles approche à grands pas, intéressons nous à un sujet un peu plus léger... mais riche en informations : le look des candidats.



Les candidats aux élections présidentielles (source : Le Journal des Femmes)


Une campagne présidentielle c’est bien évidemment politique, mais c’est avant tout une affaire de communication. Et quoi de mieux que de faire passer des messages à travers ce que les électeurs voient en premier ? Les vêtements.

L’apparence est un enjeu stratégique étudié de près par les conseillers en communication de chaque campagne. Un vrai boulot qui passe aussi par le choix des tenues des invités lors des débats télévisés. Vous voyez, ceux qui sont assis derrière les candidats ? Et bien leurs looks sont censés refléter l’idéologie des partis.

Et si ce boulot est mal fait… attention aux scandales ! On se rappelle tous de celui de François Fillon lors des élections de 2017. Le Journal du Dimanche avait annoncé que le candidat de la droite s’était vu offrir des costumes de luxe, de la part d’un mystérieux donateur. La bienséance veut qu’il faut trouver un juste milieu entre un style classique mais élégant, et un style simple et modeste.

Une apparence réfléchie en fonction des attentes



Pour coller aux attentes des Français, les personnalités politiques s’adaptent. Éric Zemmour, celui dont l’image devait être adoucie, porte désormais des lunettes. Petites, transparentes, presque invisibles, elles ont pourtant sauté aux yeux de tous. Grâce à ce petit accessoire mémérisant, il veut se donner un air rassurant.


Éric Zemmour lors d'un meeting (source : Vanity Fair)

Après les accessoires, les couleurs sont aussi des enjeux clés des tenues vestimentaires des candidats. En majorité, les hommes arborent tous des couleurs sombres telles que le noir, le bleu ou le gris anthracite.

Un manque d'originalité

S'ils se ressemblent tous, c'est pour éviter de déconcentrer l’oeil des spectateurs, les obligeant à se focaliser sur leurs discours.


Mais dans ce copier-coller d’hommes politiques en costume classique, il y en a un qui fait un peu la différence : Jean-Luc Mélenchon. Il fait le choix d’un style ouvrier avec des vestes de travail à grosses poches, un pantalon assorti, et quand il en met, des cravates rouges, la couleur du communisme. Il a choisi d'assortir ses vêtements à son discours. Un look plutôt décontracté finalement, loin des costumes à 15 000€ de notre regretté François Fillon.


Jean-Luc Mélenchon en mars 2017 (crédit : Public Sénat)


Des femmes masculines

Une chose est sûre, la féminité n’est clairement pas au rendez-vous !


Les candidates sont donc souvent en tailleurs veste pantalon, un vestiaire très masculin finalement. C’est le cas de Marine Le Pen et Valérie Pécresse.

Mais cette dernière y ajoute sa petite touche d’originalité : le bleu, le blanc et le rouge. Sa collection de blazers est aux couleurs du drapeau national.


Dans son livre S'habiller en politique : les vêtements des femmes au pouvoir (1936-2022), Sophie Lemahieu explique que : "cette veste rouge est étudiée pour qu'elle se démarque dans la masse". Elle ajoute que le rouge est une couleur très utilisée en politique car elle incarne "le pouvoir", "une manière - pour Valérie Pécresse- d'exprimer qu'elle veut incarner une droite puissante" (source : Madame Figaro).


La candidate LR lors de la primaire du parti (source : Madame Fiagro)

Quant à Anne Hidalgo, elle conserve la veste de tailleur mais l’associe souvent avec un petit chemisier, et n’a pas peur d’opter pour des motifs ou des couleurs.

Cravate ou pas de cravate ?

Certains candidats veulent clairement casser les codes. Philippe Poutou par exemple, est le roi de la décontraction. Il est souvent habillé en teeshirt fin à manches longues, en polo ou en chemise recouverte d’un pull. Le fait qu’il soit en dehors des codes politiques traditionnels lui attire de nombreuses critiques. Certains trouvent qu’il incarne le symbole d’une France débraillée et irrespectueuse. Pourtant, son style en a séduit quelques uns, le trouvant d’une simplicité honnête, proche du peuple. Il est là pour défendre ses idées et les mettre en avant, un point c’est tout.


Philippe Poutou lors d'un débat télévisé en 2017 (source : L'Express)

Cette image trop décontractée est justifiée par l’absence de cravate. Elle représente l’incarnation par excellence du sérieux, du respect et de l’autorité.

Apparue au XVIIe siècle, elle servait à protéger du froid les soldats du roi. Sous Louis XIV, elle s’installe dans la cour où chacun la porte au cou et rivalise d’audace en ajoutant des dentelles ou des rubans de soie.

À la fin du XIXe siècle, l’ère industrielle révolutionne le secteur du textile. La cravate endosse alors son rôle plus fonctionnel. Sa forme est plus longue et plus étroite, telle qu’on la connaît aujourd’hui.

C’est donc cette image trop institutionnelle qui déplaît à certains candidats qui refusent de la porter. Philippe Poutou n’est pas le seul, c’est aussi le cas de Yannick Jadot, le candidat écologiste qui était au coeur d’un débat : faut-il porter une cravate ou non ?

Le 25 janvier dernier, il était l’invité de la matinale de France Inter où un auditeur lui demande pourquoi il ne porte pas de cravate, contrairement aux autres candidats.


Résultat : cinq jours plus tard sur le plateau du 20h de TF1, il porte une cravate bleu marine. Il a rompu avec ce qui semblait être, une tradition chez les écologistes.



Mais alors, serait-il en quête de crédibilité ? Comme quoi, les vêtements et même les petits accessoires peuvent être déterminants dans une campagne présidentielle.

Alors, si la France est connue pour ses célèbres créateurs de mode et ses prestigieuses maisons de couture, les candidats ne leur rendent pas hommage. Heureusement, l’habit ne fait pas le candidat.



Édito -

Clara Hidalgo

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