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Édito : Les discothèques, un secteur mis en danger par le covid, mais pas que...

Dernière mise à jour : 14 déc. 2021

Avec la 5e vague du covid, le gouvernement a présenté hier, lundi 6 décembre, les nouvelles mesures restrictives pour lutter contre la pandémie. Une nouvelle fois, c'est le monde de la nuit qui en paye le prix.

Fini la fièvre du samedi soir ! Jean Castex l’a annoncé hier, les discothèques ferment à nouveau pour quatre semaines à partir de vendredi. Et oui, difficile de garder son masque quand on danse, un verre à la main, ou qu’on essaye de draguer.

Comme des coups de massue, les fermetures à répétition mettent en danger le monde de la nuit. Selon Patrick Malvaës, le président du Syndicat National des Discothèques et des Lieux de Loisirs, 430 établissements ont déjà mis la clé sous la porte, ce qui représente 30%. Au total, les boîtes de nuit auront été fermées seize mois.

L’État a donc mis en place des aides, pour la prise en charge des frais fixes comme le loyer ou l’électricité. Mais elles ne sont pas suffisantes car plafonnées à 15 000€ par mois. Mais il faut savoir que certains loyers s’élèvent jusqu’à 60 000€ par mois.

Une crise antérieure au covid

Il est loin le temps des boules à facettes, des soirées endiablées sur le dancefloor, vêtus de paillettes de la tête aux pieds. Les années 80, celles de la fièvre du samedi soir, étaient l’âge d’or des boîtes de nuit. Si on en comptait 4 000 à l’époque, aujourd’hui il n’en reste plus que 1 300. C’est 70% de moins. Pour un secteur qui regroupe 25 000 salariés, c’est très difficile.

Les établissements emblématiques ferment un à un. Le VIP Room, institution parisienne, en est la preuve. Situé dans le 1er arrondissement de Paris, le club a définitivement fermé ses portes en mai 2020. Son propriétaire, Jean Roch, le boss du monde de la nuit à Saint Tropez, soulève des facteurs antérieurs au covid.

"Depuis cinq ans, nous subissons de plein fouet les conséquences des attentats, des manifestations des "gilets jaunes" et maintenant du covid-19", a t-il déclaré à l’AFP et cité par France Bleu Paris.

Cette fermeture met aussi en évidence la question des modèles économiques de certains établissements. Les discothèques sont devenues de véritables empires financiers, plus attirées par leurs bénéfices en fin de mois, que par l’expérience qu’elles proposent. Les entrées, autrefois gratuites, sont aujourd’hui payantes et de plus en plus chères.


Les bouteilles, stars des soirées apportées dans un cortège étincelant, voient leurs prix exploser. Elles incarnent une nouvelle image clinquante des nuits festives, qui ne le sont plus. Entre luxe, apparence, Instagram et jeux de regards, l’ambiance n’est plus la même. C’est la concurrence qui règne entre les tables, telles des bandes rivales, à celle qui aura la bouteille la plus chère.



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